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Atelier de lancement du projet IACDR : Plaidoyer pour des moyens mobilisables dès la première alerte volcanique

Le 11 Septembre, Un atelier de lancement du projet « Inter-Agency Cooperation for Disaster Reduction » s’est tenu ce mardi à l’hôtel Le Moroni, en présence du ministre de l’éducation nationale et de la recherche et porte parole du gouvernement, Abdourahim Said Bakar, et du représentant résident par intérim du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) M. Fernando Abaga Edjang.

Plusieurs cadres et techniciens concernés par les activités de recherche, de prévision et de gestion des catastrophes naturelles y ont pris part. Le Coordonnateur national du projet a présenté le contexte et la justification de ce programme qui va durer 12 mois, et qui vise essentiellement à renforcer les capacités des Comores en matière de prévention et de gestion des risques liés au volcan Karthala pour une meilleure connaissance du phénomène. 

Financé par le PNUD à hauteur de 430.000 dollars US (160 millions fc), le projet répond à un besoin urgent de préparer le pays et sa population à faire face aux risques d’éruption volcanique [les éruptions volcaniques à la Grande-Comore deviennent de plus en plus fréquentes depuis 1991,  ndlr].

Dans son exposé, M. Hamidou Nassor a rappelé à l’assistance que les études scientifiques du Karthala sont encore très récentes et incomplètes, en citant notamment l’exemple des premières cartes géologiques de l’île de Ngazidja réalisées seulement en 1985. Et il a fallu attendre 1988 pour assister à l’installation de l’Observatoire volcanologie du Karthala (OVK), logé au centre national de la documentation et de la recherche scientifique (CNDRS), avec l’appui de la coopération française.

La difficulté actuelle, affirme le coordonnateur du projet, reste « le manque de personnel et l’insuffisance des équipements de détection du mouvement magmatique ». Deux réseaux de surveillance de l’activité volcanique sont actuellement opérationnels à partir d’une dizaine de capteurs sismiques installés au sommet.

A la fin du projet, le pays devrait disposer d’un meilleur système d’information et d’alerte précoce, et l’OVK verra ses capacités renforcées en matière de contrôle « en temps réel » du risque volcanique, de manière à prévenir les autorités compétentes et les différentes structures impliquées, tels que le Centre des opérations de secours (Cosep), le Croissant rouge et la gendarmerie.

Le système préventif qui sera mis en place par le projet s’inscrit dans la cadre du Plan national de gestion des catastrophes adopté depuis 2005 et dont la mise en œuvre exige la mise à disposition de moyens humains et logistiques, « mobilisables dès le déclanchement d’un premier alerte, et non sur le papier », souligne Hamidou Nassor. Un dispositif essentiel pour une gestion efficace des situations d’urgence, comme les évacuations de populations, leur prise en charge médicale, la nourriture et l’hébergement.

La problématique soulevée par les participants étant la pérennisation d’un tel projet, les organisateurs assurent qu’un volet spécifique est prévu en matière de capitalisation des acquis et surtout de renforcement de l’OVK en ressources humaines qualifiées et en nombre suffisant, notamment un géophysicien et un géochimiste, qui y seront affectés en permanence avec l’appui de techniciens.

La coopération avec l’université de La Réunion se poursuivra dans le domaine de la prévention des risques, par l’élaboration de nouvelles cartes dite « multirisques » et « volcano-tectoniques »permettant une meilleure interprétation des signaux sismiques pour une possible localisation géographique de l’éruption volcanique, ajoute le responsable du projet.

Interrogé en marge de l’atelier sur la tenue annoncée d’un colloque international sur le Karthala, le chef de l’Observatoire volcanologique, Hamid Soulé a confirmé que ces assises auront lieu à Moroni dans le courant du second semestre 2008, sous les auspices du PNUD.

Le ministre Abdourahim a clôturé l’atelier en informant les participants sur l’organisation prochaine d’un « forum scientifique » par le gouvernement, pour encourager les activités de recherche dans notre pays, notamment universitaire.