Gestion durable des terres - Exploitations des boutures fourragères

Femme portant une botte de fourrage
Tamrinat Abderemane originaire de l'île de Mohéli. photo : PNUD.

Tamrinat Abderemane est originaire de Mohéli, la plus petite île des Comores. Depuis qu’elle a hérité d’une parcelle de terrain en 2009, Tamrinat s’est investie dans la production du fourrage, une activité traditionnellement réservée aux hommes.

Tamrinat a commencé par solliciter l’appui du projet de Gestion Durable des Terres (GDT) lancé en 2008 et conjointement financé par le Fonds Mondial pour l’environnement, le Programme des Nations Unies pour le Développement et le Gouvernement de l’Union des Comores. Elle a reçu 4000 boutures fourragères et 200 plants forestiers, d’une valeur totale d’un peu plus de 150 dollars, ainsi que des conseils techniques pour l’aménagement de sa parcelle et l’alimentation des animaux.

En outre, la jeune femme est parvenue de 2011 à 2013, à construire un poulailler, élevant à l’heure actuelle, 60 poules pondeuses sur 03 poules, en 2011, grâce à l’appui du  PNUD, à travers  ce projet. S’agissant de l’appui relatif au démarrage de son entreprise de production de fourrage, il lui a permis de vendre en moins de 02 ans, environ  40 000 boutures fourragères au projet Gestion durable des terres, avant la clôture dudit projet en fin 2012.  

A retenir

  • 542000 plants forestiers, fourragers, fruitiers et pieds de mangrove plantés.
  • 800 producteurs formés aux bonnes pratiques agricoles.
  • 3,7 millions USD mobilisés pour l’approvisionnement durable en eau.

Tamrinat est devenue un modèle pour les fermiers de sa région, qui ont bien compris que le projet GDT leur offrait de bonnes possibilités de développement.

L’agriculture est la principale activité économique du pays et compte pour 40 % du PIB‚ la grande majorité  des emplois et des recettes budgétaires.

Pour rappel, le projet GDT visait prioritairement à sécuriser les parcelles agricoles par la mise en place de haies, à lutter contre l’érosion hydrique, la principale cause de dégradation des terres aux Comores, grâce au reboisement, à restaurer les terres agricoles et forestières dégradées et à produire du fourrage pour les animaux. L’initiative a également contribué à la promotion d’une agriculture durable sur l’île et à l’instauration d’un dialogue direct entre les paysans lors des négociations pour la délimitation définitive de leurs parcelles.

De 2010 à la clôture du projet, en fin 2012, le GDT a permis de former 800 producteurs sur les techniques de protection et de restauration des sols, et d’aider  les communautés à reboiser environ 300 ha, pour une population d’environ 700 000 habitants, répartie sur les trois îles. 542000 plants forestiers, fourragers, fruitiers et pieds de mangrove ont été également distribués et plantés.

En outre, une étude sur la baisse de la fertilité est réalisée et disponible, ainsi que l’élaboration du Plan d’action national de lutte contre la désertification.

« Bien que le projet ne soit plus opérationnel, nous devons poursuivre les actions de défense et de restauration des sols, pour protéger les terres agricoles et améliorer la fertilité », recommande l’ex responsable de l’unité insulaire - Mohéli, dudit projet, Abdou Soimadou.

Il se trouve, en effet, que la lutte contre l’érosion favorise entre autres, la protection des terres.