Une femme comorienne qui se distingue dans le fumage des poissons

Moina Arafa Ibrahim, femme retransformeuse des poissons. (Photo : PNUD)

Bien que les femmes comoriennes participent de façon marginale aux processus de prise de décision, elles jouent un rôle significatif à la création de la richesse nationale, à travers notamment, les secteurs liés au commerce. Elles se distinguent entre autres, dans le fumage des poissons.

Résultats

  • 95 femmes ont été formées en fumage et séchage des produits de la pêche.
  • Un espace de transformation et d’équipements pour l’amélioration des techniques de conservation et de transformation du poisson, situé à la direction de pêche, est dédié au groupement des femmes de la Grande Comore.
  • Une des femmes bénéficiaires gagne désormais un maximum de 600 euros par mois grâce à cette activité et devient le principal fournisseur des hôtels et restaurants de la place, en matière de poissons fumés.

« Avant, il m’était vraiment difficile de joindre les deux bouts. On avait prévu de faire mon grand mariage en 2005, mais j’étais incapable d’aider mes parents à le faire, alors que je travaillais à la fonction publique. Les 100 euros que je gagnais en moyenne tous les 03 mois compte tenu des arriérés de salaire de l’époque, ne me permettaient pas du tout de répondre à mes besoins », confie Moina Arafa Ibrahim, femme retransformeuse des poissons.

Cette femme de 31 ans, détentrice d’un BEPC,  mariée et mère de 04 enfants,  fait partie de 95 femmes comoriennes, formées en fumage et séchage des produits de la pêche en mai 2010, à la Direction de la pêche de la Grande Comore. 

L’appui du PNUD, à travers le Programme de renforcement des services de commerce et de l’investissement du Cadre Intégré, a en effet permis à ces femmes de renforcer leurs capacités techniques, en vue d’améliorer leurs revenus, la qualité et la compétitivité des produits locaux, à travers entre autres,  la diversification et la transformation des produits de la pêche.

Ce programme financé par les ressources du guichet II du Cadre Intégré, d’un montant global d’un peu plus d’1 million de dollars (1000 000 USD), avait pour objectif d’aider les Comores, à l’instar des pays les moins avancés, à s’intégrer efficacement dans le système commercial multilatéral. Il a permis à ce groupement d’être actif et structuré autour des nouvelles techniques de conservation et de transformation du poisson, à savoir, le séchage et le fumage.

Ces femmes disposent, en effet, depuis le mois d’octobre 2010, d’un espace de transformation et d’équipements, pour l’amélioration des techniques de  conservation et de transformation du poisson.  

La mise à disposition de l’espace de travail pour le fumage du poisson, par les autorités comoriennes et la remise des équipements  avec le concours du Programme de renforcement des services de commerce et de l’investissement, financé par les ressources du Fonds d’Affectation Spéciale du CIR, ont ainsi permis à ces femmes d’approvisionner aujourd’hui, les hôtels de la place  et de fournir régulièrement à la clientèle cible, constituée de la communauté expatriée, de la capitale et de la catégorie sociale du pays disposant de hauts revenus, en poisson fumé.

« C’est mon oncle qui m’a initié au fumage des poissons en 2002. Mais depuis 2010, après avoir bénéficié de la formation y afférente et obtenu un certificat de fin de formation, je concurrence de loin, mon oncle qui vend en moyenne, 15 kilos de poissons fumés par mois, pendant que moi, je peux en vendre jusqu’à 60 kilos, le mois, à tous les grands hôtels et restaurants de la place, sans parler des particuliers »  se réjouit Moina Arafa qui exerce cette activité de fumage de poissons dans son toit et qui gagne désormais jusqu’à 600 euros par mois, sachant que le kilo coute 10 euros.

Grace au fumage, Moina Arafa possède un bateau de pêche, aide son époux à payer la scolarité de ses 03 enfants et mieux encore, elle a pu construire 04 chambres à coucher au deuxième étage de sa maison, alors qu’initialement elle vivait dans une petite maison construite par ses parents,  composée d’un salon, d’une chambre à coucher, d’une cuisine et d’une salle de bain.

Elle envisage de construire d’ici la fin de l’année 2013, un troisième étage qui sera consacré à ses activités de fumage.

Ainsi, cette activité de transformation du produit primaire du poisson frais en fumage et séchage, permet de renforcer l’emploi des femmes, de créer de la valeur ajoutée et de générer des revenus supplémentaires. Il est désormais envisagé une perspective d’affronter le marché extérieur; ce qui va constituer un tournant pour l’activité, les acteurs et le pays.