55 femmes bénéficient de formations pour prendre une part plus active dans la filière Ylang-ylang à Ndzuani

5 nov. 2015

Les femmes de la filière Ylang des villages de Mromaji et Ongoni, sur l’île de Ndzuani en Union des Comores, ont bénéficié d’un programme de formations dans le cadre de l’initiative du PNUD « Engagement des femmes dans la production de l’huile essentielle d’Ylang ylang-ylang de façon écoresponsable, innovante et résiliente au changement climatique sur l’île de Ndzuani ». 

Cette initiative du Gouvernement comorien avec l’appui du PNUD a vocation à permettre aux femmes, très impliquées dans la filière ylang-ylang en tant que cueilleuses de renforcer leur rôle et de mieux profiter des opportunités offertes par ce secteur clé pour l’économie comorienne.

Dans ces deux villages, deux groupes de distillatrices ou futures distillatrices sont appuyés pour s’équiper en systèmes de distillation innovants avec foyer amélioré pour faciliter leur travail et réduire la consommation de bois, très dommageable pour l’environnement et à l’origine de phénomènes d’érosion, de glissement de terrain et de pénurie d’eau.

Ces femmes ont également sollicité l’appui du PNUD pour être formées techniquement mais aussi en termes d’entreprenariat et de gestion d’exploitation (élaboration de budget et gestion budgétaire, comptabilité, montage de dossier d’accès aux financements bancaires, etc). En effet, la majorité d’entre elles sont analphabètes et souhaitent acquérir plus de connaissances pour s’émanciper et avoir un rôle accru dans la filière ylang.

Le PNUD a décidé de proposer également ces formations aux autres femmes de la filière ylang-ylang des deux villages concernés : les cueilleuses de fleurs qui sont parmi les groupes les plus vulnérables et les plus pauvres de l’île et qui, à terme, pourraient prendre une part plus importante dans la filière. 

En tout, ce sont donc 55 femmes qui sont formées sur ces deux villages. Comme ces femmes n’ont jamais été à l’école, les formations, dispensées par l’ONG 2 mains, recrutée pour la circonstance, se font donc oralement en Shindzuani, le dialecte local, et les évaluations sont écrites en caractères arabes que toutes peuvent déchiffrer. 

Les femmes ont commencé leur formation par un module de connaissances générales de la filière ylang-ylang, afin en particulier de leur permettre de comprendre l’importance de l’ylang-ylang aux Comores et pour les Comores, et par là même de mesurer leur rôle essentiel en tant qu’actrices clés de la filière et dans l’économie comorienne. Ce module leur permet aussi de comprendre ce que sont les huiles essentielles et comment fonctionne le processus de distillation.

A la fin du mois d’octobre a commencé le module de formation sur la gestion administrative et financière. Cette formation commence par mettre en avant la valeur du travail des femmes dans la filière Ylang-ylang. En effet, ces femmes, en particulier les cueilleuses, ne sont pas conscientes d’exercer une activité professionnelle et répondent toutes « non » à la question «  travaillez-vous ?»

Cette prise de conscience de leur rôle dans la filière est indispensable pour les aider à se professionnaliser, à s’organiser et à s’émanciper.

Ensuite, viendront les cours plus techniques sur la gestion d’un budget, la comptabilité, l’épargne et les dettes ou encore l’accès au crédit bancaire, qui leur serviront pour monter leur activité professionnelle comme pour la gestion de l’argent du foyer. Les distillatrices bénéficieront également de formations sur l’animation de groupe et le montage de projets, qui leur permettront de savoir comment fonctionner et s’organiser ensemble pour pérenniser leur activité autour des alambics innovants fournis par l’initiative du PNUD. 

Le cycle de formation prendra fin avec une formation pour les deux groupes de distillatrices et futures distillatrices sur la distillation avec foyer amélioré, ce qui aura permis à ces femmes d’avoir les meilleurs atouts pour leur émancipation en tant qu’entrepreneures distillatrices.