JavaScript Menu, DHTML Menu Powered By Milonic

Atelier sur la cohésion sociale : Entre aspiration nationale et rêve collectif

Entamer et stimuler une discussion sur la pertinence du concept de cohésion sociale dans le contexte comorien, tel est l’un des objectifs d’un atelier de travail qui s’est tenu le lundi 21 janvier, à Moroni, à l’initiative des milieux proches de la recherche universitaire en partenariat avec le PNUD, et sous le haut patronage de la vice-présidence en charge de la santé, de la solidarité nationale et de la promotion du genre.

Durant deux jours les participants, venant d’horizons différents, sont invités à un exercice intellectuel de confrontation des idées sur la problématique de l’absence de cohésion sociale dans notre pays et surtout comment sortir durablement des situations de crise qui bloquent tout effort de développement économique et social.

Dans son discours d’ouverture, le vice-président Ikililou Dhoinine n’a pas manqué de stigmatiser cette instabilité politique permanente qui, à ses yeux, « accentue la pauvreté et l’état de vulnérabilité de la population ». Il a énuméré la série de coups d’Etats qui a caractérisé l’évolution politique de l’archipel depuis son accession à l’indépendance, suivie de la grave crise séparatiste anjouanaise et la rébellion qui menace depuis 10 ans les fondements de la nation comorienne.

Le choix de lancer la réflexion au sein de l’université et du Centre national de documentation et de recherche scientifique (CNDRS) viserait à « faire émerger une vision commune de la cohésion sociale dans un esprit comorien et une philosophie nationale pour promouvoir des espaces de dialogue démocratique et non partisan », dit-il.

Pour sa part, le Représentant Résident du PNUD M. Opia Mensah Kumah, il s’agit là de l’ossature d’une démarche participative qui impliquera tous les décideurs politiques et acteurs du développement des Comores, à tous les niveaux et de tous les secteurs.

Un défi à relever en érigeant ainsi « un des piliers du développement durable », souligne le Représentant Résident du PNUD, à l’adresse des quarante hauts cadres de l’administration, représentants de la société civile et du secteur privé, élus et enseignants chercheurs présents. L’on pourrait même espérer que ces têtes pensantes puissent pondre des « approches novatrices » en dehors des débats politiques classiques jugés jusqu’ici non fécondes en termes de consolidation de la cohésion sociale.

C’est ainsi qu’au cours de la première journée, les participants ont longuement échangé sur le sujet, avec l’appui d’un expert international mis à disposition par les Nations Unies, en la personne de John-Mary Kauzya. Le but étant d’aboutir à une compréhension commune de cette thématique dont la définition n’est pas la même pour tous les pays, selon qu’elle s’applique comme moyen de prévention des conflits ou d’outils du processus de développement.

A en croire M. Kauzya, la crise qui déchire actuellement les Comores est d’abord l’affaire des comoriens eux-mêmes et non des experts qui viennent de l’extérieur avec leur propre schéma. Il précise toutefois que la cohésion sociale reste un « processus continu fondé sur des valeurs partagées et des aspirations communes à un développement harmonieux ».

Il ressort des premiers débats que toute forme de discrimination ou d’injustice porte en elle-même les germes d’un conflit, et donc une menace contre la cohésion sociale. Toute la difficulté reste donc « la capacité des Etats à gérer et à maîtriser les intérêts divergents de ses différentes composantes », comme le prouve le cadre institutionnel actuel des Comores, à travers les conflits de compétences entre entités de l’Union et celles des îles autonomes.

Un débat qui était riche et long… Le modèle comorien de l’Etat mérite une sérieuse réflexion, car sans cohésion sociale il n’y pas de cohésion nationale. Les participants ont tenté au cours des travaux en groupes, de débattre sur les opportunités et défis de la cohésion sociale aux Comores, pour tracer des pistes nouvelles en termes d’activités possibles en vue d’aboutir à une stratégie nationale et un plan d’action qui seront proposés au gouvernement et à ses partenaires au développement pour financement et mise en oeuvre.

Pendant les cérémonies de clôture de l’atelier, M. Ikililou Dhoinine, Vice Président de l’Union chargé du Ministère de la Santé, de la solidarité nationale et de la promotion du genre et M. Opia Mensah Kumah, Coordonnateur Résident du SNU et Représentant Résident du PNUD ont exprimé leur satisfaction quant aux résultats de l’atelier. Ils ont souligné que l’atelier constitue le début d’un processus continu de réflexion et de coopération au sujet du thème de la cohésion sociale aux Comores. M. Opia Mensah Kumah a décrit trois pistes possibles d’intervention du système des Nations Unis aux Comores pour la mise en œuvre de certaines des recommandations issues de l’atelier:

    • un programme national de cohésion sociale
    • Intégration de la cohésion sociale dans les programmes du système des nations Unies
    • Approche de plaidoyer

Le Coordonnateur Résident a rappelé que la cohésion sociale dans le contexte des Comores doit être adressée comme approche de prévention de conflit, ce qui nécessite la mise en œuvre des activités dans une perspective de moyen et long terme.