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Eliminer l'extrême pauvreté et la faim
En 2004, la proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté est estimée à 44,8%, en recul sensible par rapport à 1995 où elle s’établissait à 54,7%. Mais cette tendance est fragile car elle est essentiellement soutenue par les transferts massifs de la diaspora en soutien à la consommation des ménages. Elle a été enregistrée dans un contexte de faibles performances économiques et d’une montée de l’inégalité. Ce dernier constat laisse entrevoir la possibilité pour les Comores d’atteindre la Cible 1 de cet Objectif grâce à une relance de la croissance et la mise en œuvre de politiques pro-pauvres. Pour ce qui est de la faim, la tendance est plutôt inquiétante si on se réfère aux indicateurs disponibles relatifs aux enfants accusant une insuffisance pondérale et ceux accusant un retard de croissance. En effet, la proportion de ces enfants est passée, entre 1991 et 2004, de 13,9% à 24,9% et de 20,6% à 43,1% respectivement.
Assurer une éducation primaire pour tous
Des avancées significatives sont enregistrées dans le domaine de la scolarisation à l’école primaire grâce à de gros efforts déployés en matière de planification sectorielle et un appui multiforme des partenaires au développement. Ainsi le taux net de scolarisation à l’école primaire est passé de 60,2% en 1999 à 73% en 2003, la proportion d’enfants atteignant la 5 ème année d’école est passée de 49,7% en 1999 à 62,1% en 2003 et le quotient du nombre de garçons par rapport au nombre de filles inscrits dans le primaire est passé de 0,87% en 1996 à 0,96% en 2004. Si les efforts actuels se poursuivent et s’amplifient, les Comores réaliseront probablement cet OMD en 2015.
Promouvoir l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes
Malgré un rapport filles/garçons proche de l’unité à l’école primaire et relativement élevé dans le secondaire (0,9), la société comorienne traîne encore de nombreuses discriminations de genre qui se traduisent par une faible participation des femmes dans l’activité économique et leur large sous représentation, voire leur absence, dans les différentes sphères de prise de décisions: trois femmes seulement ont été élues au parlement depuis l’indépendance du pays, dont deux siègent aujourd'hui, dans les assemblées. Malgré quelques timides progrès enregistrés dans le domaine de la présence des femmes dans l’emploi non agricole, la réalisation de cet Objectif 3 semble une véritable gageure. Conscient de cette réalité, le Gouvernement comorien, appuyé par ses partenaires au développement, déploie des efforts considérables en faveur de la promotion du statut de la femme.
Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans
La mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans qui avait sensiblement baissé au cours de la décennie 90, passant de 130‰ en 1991 à 74‰ en 2000 laissant entrevoir une réalisation probable de l’Objectif 4, semble avoir entamé une dangereuse remontée ces dernières années. Le quotient de mortalité infanto juvénile est estimé à 113‰ au recensement général de la population et l’habitat (RGPH) de 2003. Au cours de la même période, la mortalité des enfants âgés de moins d'un an a aussi augmenté passant d’un taux de 59‰ à 83,2‰. Le débat n’est pas encore clos sur les fondements de cette contre performance, mais si cette tendance se confirme à l’enquête démographique et de santé (EDS) programmée en 2008, les Comores ne pourront probablement pas atteindre la cible fixée à l'horizon 2015 .
Améliorer la santé maternelle
Au RGPH de 2003, le taux de mortalité maternelle est estimé à 381 décès pour 100 000 naissances vivantes, en régression par rapport aux 517 décès pour 100 000 naissances vivantes notés en 1991. L’ampleur de cette baisse est très insuffisante pour prédire une atteinte probable de la cible concernée en 2015. Par ailleurs, le niveau de la mortalité reste excessivement élevé et il est probable que même si le pays réalise cet OMD, ce niveau pourrait rester au dessus du seuil défini par la CIPD dans le domaine, à savoir 100 décès pour 100 000 naissances vivantes. Face à l’ampleur des défis à adresser, les Comores à adopté une feuille de route pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle et néonatale qui a été signé en juillet 2005 par le Gouvernement et l’ensemble de ses partenaires nationaux et internationaux du développement.
Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies
Le taux de prévalence du VIH/SIDA est maintenu à un niveau relativement bas (0,025% selon une étude réalisée en 2003). Mais le risque d’une flambée est très présent dans la mesure où les principaux facteurs de risque affichent des données et des tendances plutôt inquiétantes. Ainsi, la proportion de l'utilisation d'un préservatif masculin lors du dernier rapport à risque au sein des jeunes de 15 à 24 ans est passée de 35,7% en 1996 à 19,5% en 2003. Le paludisme continue à sévir à l’état endémique et constitue la première cause de morbidité et de mortalité aux Comores avec une préoccupante tendance plutôt à la hausse malgré les investissements consentis par le Gouvernement et ses partenaires dans la lutte contre ce fléau. Les cas de tuberculose sont en régression passant de 32 à 15 entre 1992 et 2004, une tendance vertueuse qui ne serait pas soutenable en cas de flambée de l’infection à VIH.
Assurer un environnement durable
Bien que la problématique du développement durable bénéficie d’un intérêt croissant dans le pays, l'Union des Comores ne l’a pas encore totalement intégré dans le cadre de l’élaboration des politiques, stratégies et programmes de développement. Les Comores sont dotées d'une richesse et d'une diversité environnementales considérables. Toutefois l'exploitation peu rationnelle des ressources naturelles par une population qui croît rapidement et qui est confrontée à la pauvreté, engendre une série de problèmes qui influent négativement sur leur développement. En ce qui concerne l’accès à l’eau potable, elle est très problématique. En effet, si plus de 85% de la population a accès à un point d’eau aménagé, il s’avère que la salubrité de cette eau est loin d’être établie. De plus le déboisement massif, la proportion des zones forestières est passée de 6,7% à 2,8% entre 1985, a entraîné un tarissement accéléré des sources d’eau.
Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
En l’état actuel de ses ressources connues, le développement de l’Union des Comores dépend en grande partie de sa capacité à mobiliser les moyens nécessaires pour financer ses programmes de développement. En effet, la quasi-totalité des investissements publics sont réalisés sur des ressources externes. Pour diverses raisons liées souvent à des problèmes de stabilité politique et de gouvernance, on a assisté à une forte diminution de l’aide publique au développement qui est passé de 65 millions de dollars au début des années 1990 (65 dollars par tête) à 14 millions de dollars (28 dollars par tête) au début des années 2000, ce qui a fait chuter le taux d’investissement qui est trop bas, à peine 10% du PIB en 2005 alors qu’en 1980 il était de 30%.
La dette constitue un fardeau qui freine les efforts de développement aux Comores. Le service de la dette a représenté 12% des exportations du pays durant ces quatre dernières années alors que l'encours de la dette représente environ 71% du PIB et 520% des exportations des biens et services de cette même année. Les Comores sont éligibles aux mécanismes d’allégement de la dette, IPPTE et IADM, mais rencontrent encore de difficultés à répondre aux critères d’accès convenus .
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